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24/01/2015

Dis pas ci, dis pas ça (XVIII)

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L’Espace des sciences Pierre-Gilles De Gennes, dans le Vème arrondissement de Paris présente des expos sur des phénomènes physiques surprenants et, chaque lundi soir, des exposés. Hier, j’y ai vu, en légende d’une expérience sur le compactage de billes : « Ces chaînes de force dévient le poids… » et j’ai lu, en fait, « Ces chaînes devient le poids… » ; la phrase n’avait plus de sens, même en supposant qu’il y avait une faute sur « devient » qui aurait dû être « deviennent »… Et tout cela pour un misérable petit accent sur le « e ». É. Orsenna a écrit, je crois, sur les accents.

 

 

Quand j’habitais en Picardie, on entendait souvent « Tant pire ! » à la place de « Tant pis ! » ; je croyais que c’était une déformation régionale. Que nenni ! L’Académie signale la confusion fréquente entre « pis » (comparatif de « mal ») et « pire » (comparatif de « mauvais »). Et « pire » est un adjectif.

Petite question : « mieux » et « meilleur » sont les comparatifs de quels adjectifs ? (Si vous ne savez plus, pas la peine de chercher sur internet…).

 

Un des (seuls) grands débats linguistiques de mon enfance que je me rappelle, concernait « battre son plein ». Un soir, mon père est rentré à la maison en nous demandant : doit-on dire « les fêtes battent leur plein » ou « les fêtes battent son plein » ? On a séché…

L’Académie nous dit qu’aujourd’hui, tout le monde est d’accord avec Littré, à savoir :

§  « son » est un adjectif possessif ;

§  et « plein » un substantif, qui, dans la langue des marins, signifie « la pleine mer ».

Il faut donc dire « les fêtes battent leur plein ».

23/01/2015

Dis pas ci, dis pas ça (XVII)

J’hésite à vous reparler de « pallier ». Le livre de l’Académie ne dénonce que son emploi incorrect sous forme intransitive : « Pallier aux défaillances » au lieu de « Pallier les défaillances ». Cette erreur, fréquente, est étonnante parce que la tendance, sous l’influence de l’anglais, est à la simplification, au gommage des aspérités du français ; or transformer un verbe transitif en un verbe intransitif est plutôt se compliquer la vie… Cela vient sûrement d’une confusion avec d’autres verbes comme « remédier (à) ». Or « pallier » vient du latin « palliare » qui signifiait « couvrir d’un pallium (un manteau) », c’est-à-dire dissimuler.

Mais il ne mentionne pas la faute d’orthographe, bien plus fréquente, qui fait écrire le verbe « pallier », comme le « palier » d’un immeuble… Agaçant.

Au lycée, on nous interdisait d’écrire « par contre ». L’Académie indique que cette interdiction vient de Littré, qui lui-même s’était rangé à l’avis de Voltaire… Mais de nombreux excellents écrivains ont utilisé « par contre ». Et André Gide faisait remarquer que si une femme disait « Oui, mon frère et mon mari sont revenus saufs de la guerre ; en revanche, j’y ai perdu mes deux fils », cela choquerait… Et tout cela pour éviter d’utiliser « par contre »… La règle est donc d’employer un autre adverbe (« en revanche ») chaque fois que c’est possible et que cela ne conduit pas à une ambiguïté.

Plus subtil : le nom « Personnel » est un pluriel ! Car c’est un nom collectif qui désigne un ensemble d’individus. Il est donc fautif de dire « L’ensemble des personnels de la tour W. » ; c’est tout simplement « L’ensemble du personnel », voire « Le personnel de la tour W. ». Évidemment, s’il y a deux ou plusieurs catégories distinctes d’individus, on écrira « Les personnels civil et militaire des armées ».

Il y a encore quelques mots à revoir à la lettre P mais comme ce sont, selon moi, des pépites, je les garde pour un prochain billet (ce qui ne veut pas forcément dire, le suivant !).

21/01/2015

Dis pas ci, dis pas ça (XVI)

À la lettre O, l’Académie fait du Francis Blanche sans le savoir.

Petit rappel pour les plus jeunes : dans les années 60, les humoristes pataphysiciens Francis Blanche et Pierre Dac avaient fait se plier de rire la France entière avec leur feuilleton radiophonique « Signé Furax », série avant la lettre, déjantée et surréaliste à souhait, dans laquelle des envahisseurs prononçaient de travers l’adverbe « indubitablement » : « indibutablement ».

Beaucoup plus tard, on a entendu des gens dire « rénumérer » au lieu de « rémunérer », de la dyslexie sans doute…

Nos Académiciens, eux, ont entendu « omnibuler » au lieu de « obnubiler ». Qui donc connaît ce paronyme ?

La météo à regarder au fond.jpg

 

 

(la photo, c’est pour rappeler à tous que la météo, qui se termine par le son « Ooooh… », est un sujet à regarder au fond… des yeux).

 

 

 

Naturellement, on bannira de son langage l’horrible « opportunité » dans le sens de « occasion » ou de « possibilité » ! « Opportunité » en français est lié à « opportun » : l’opportunité d’une décision, c’est le fait qu’elle tombe bien, elle convenait au moment, au lieu ; elle a été prise à propos.

L’occasion, c’est autre chose ; c’est une circonstance particulière ; souvent opportune d’ailleurs, au sens où cela va nous favoriser : « c’est l’occasion ou jamais ».