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02/04/2015

Finding a lot of French terms in a French newspaper devoted to luxury

Retour sur mon Figaro...

Côté langage, c’est une autre affaire ! C’est un déluge de franglais !

Je vous fais l’inventaire, rapidement.

Dès l’édito : « concept store » masculin, un « powerdressing » masculin féminin parfaitement assumé, cette esthétique « boyish » à large spectre.

Figaro madame 2.jpgEt ensuite : le formidable « come back » de Valentino, le cortège de « looks », intemporel et « fashion »,  un « top » en soie, « Heritage Spirit Moonphase » (une montre Montblanc), le « brushing », la « pin-up », la « Fashion Week » à Paris, une silhouette en « trench » ceinturé, la fameuse dégaine « tomboy », sur les « catwalks » du printemps, l’œil noirci de « liner », cuir « stretch », un « dressing » pour pépés « glamour », les étapes des « fitting », les « sneakers » griffés et les chaussons de « skate », une « short list » des coiffures à privilégier, en « liftant » le visage, le « total look » chemise-pantalon large, la « French touch » de sa marque, des collections plus « luxury casual », son « bespoke denim », elle habille le fameux « boy next door », les influences « sportwear », un « sweat-shirt » Premier baiser,

 

Je vous ai fait grâce des « smokings », « designers » et autres « leaders » ou « managers ». Trop galvaudés.

 

Et là, seules représailles possibles : arrêtez de vous habiller chez Dior, Chanel et Lansel !

27/03/2015

Irritations IX : même la Présidence !

ICB, fidèle à notre combat, me signale l'emploi du terme screenshot lors d'un séminaire dans son entreprise… Mais aussitôt le conférencier s'est repris et a dit "euh… capture d'écran, c'est mieux". On peut trouver cela positif, la cause n'est pas désespérée, même dans le milieu des informaticiens de haut vol.

Moins positive est cette autre information, d'ICB toujours : dans un spectacle scolaire d'enfants de quatrième, organisé par le professeur de français, alternant scènettes et projections de textes, les textes en question étaient truffés de fautes d'orthographe (pluriel non accordé, etc.). Quand on songe que, pour Mme Belkacem, ces enfants (en fait leurs suivants) auront commencé une deuxième langue vivante dès la cinquième, on frémit. À moins de considérer que, dans quelques générations, le latin et le grec seront oubliés, le français sera une langue morte, étudiée par les élèves les plus brillants, et que la langue usuelle sera l'anglais, le chinois étant la première et la seule langue vivante étrangère...

Le relâchement vient d'en haut… Je ne veux pas parler des publicitaires ni des journalistes ni des footballeurs. Je veux parler de l'Élysée !

Le Figaro du 12 mars 2015 reproduisait un extrait du dossier de presse de l'opération "La France s'engage" de la Présidence : "Des soutiens financiers variés, ceux liés au fond d'expérimentation jeunesse étant en cours d'instruction pour un conventionnement pluriannuel lié à des objectifs précis de croissance et d'essaimage".

Et faisait remarquer que, outre le galimatias administratif, le texte comprenait une belle coquille : il fallait comprendre en effet "fonds financier" et non "le fond du trou" dans lequel seraient plongés les jeunes en difficulté...

Vous me direz que c'est un péché véniel. Sans doute.

Vous me direz que les 300 millions d'Américains n'auraient même pas vu la faute équivalente en anglais et auraient trouvé ridicule qu'un quotidien en parlât. Right.

Mais nous, c'est nous.

Et, à propos, connaissez-vous l'origine du mot "coquille" dans son sens typographique ?

 

16/03/2015

Dis pas ci, dis pas ça (XXVIII) : journée de la langue française 2015

« Vous n’êtes pas sans savoir » qu’aujourd’hui, c’est la journée de la langue française dans les médias, et c’est aussi la semaine de la francophonie.

C’est aussi le jour où je termine cette série « Dis pas ci, dis pas ça », consacrée aux recommandations de l’Académie française quant à de multiples bizarreries ou difficultés de notre langue, et commencée dans le ce blogue le 4 décembre 2014.

Ça tombe bien, France Inter est sous la Coupole et tous ses éditorialistes font assaut de bonne volonté pour bien causer dans le poste.

Le dernier article est donc sur l’expression « Vous n’êtes pas sans savoir », qui signifie « Vous n’ignorez pas que… » mais de façon aimable et diplomatique. À ne pas confondre avec la forme erronée « Vous n’êtes pas sans ignorer… » qui consisterait à laisser entendre que l’interlocuteur ne sait pas la chose en question.

 

Dominique Fernandez.jpgL’académicien Dominique Fernandez termine sa postface par ces mots : « Autant il faut chercher à préserver la langue française d’une dérive paresseuse, d’une complaisance à la mode, d’un laxisme, qui de toute façon seront bientôt dépassés par d’autres modes, le propre de l’argot étant de se renouveler sans cesse, autant il serait fâcheux de corseter la langue dans une raideur obsolète, d’en exclure des nouveautés savoureuses qui ne peuvent que l’enrichir.

La langue française restera la plus belle du monde (sic !), à la double condition qu’on n’en fasse pas le réceptacle de toutes les fantaisies périssables, si attrayantes soient-elles, mais aussi qu’on ne l’embaume pas comme une momie ».

À mon avis, il n’y a pas de risque…

PS. Dominique Fernandez est normalien, agrégé d'italien et auteur, entre autres, du journal de voyage "Le transsibérien", ouvrage de commande sans doute, pétri de culture.