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30/03/2020

Une fois et le foie : il faut avoir la foi

Une fois n’est pas coutume, je vais emprunter à un créateur anonyme de vidéos, une explication convaincante bien qu’humoristique des difficultés de la langue française, dues en particulier au fait que, contrairement à d’autres langues, tout ce qui est écrit en français ne se prononce pas forcément (sans parler des survivances du passé comme Broglie qui se prononce « breuil »). La scène est jouée par des Québécois, ce qui n’est pas pour me déplaire.

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Morale de l’histoire : il faut apprendre certaines choses par cœur… Et donc, les pédagogistes qui ont tout fait pour supprimer cet exercice vieux comme le monde, ont fait beaucoup de mal à l’enseignement de notre langue.

Le franglais tel qu'on le parle

Lu dans LinkedIn, sous la plume de M. Morisson, ce chef d’œuvre de langue moderne : « Hier s'est tenu notre évènement autour de l'IA et du recrutement (...) Nous avons eu l'occasion d'aborder la question du matching Learning, de l'analyse des micro-expression (sic) du Language ou encore de la manière dont les entreprises pouvaient penser à leur organisation via le monitoring de compétences. Pour l'instant l'IA n'est pas parfaitement au points (sic) (comme le souligne Jean-Christophe, il n'y a qu'à observer les annonces que push Linkedin pour s'en apercevoir). Mais encore combien de temps avant que les choses évoluent ? Marianne soulignait à juste titre que la data avait bousculé la méthode de chasse de tête (sic). Désormais, plus de papier tout est sur internet. Jamais le personnel branding n'a été aussi important ».

No comment, guys.

28/03/2020

Les mots du corona IV

Si ce n’était pas si triste, on en rirait à gorge déployée !

Car l’épidémie de Covid-19 contamine le vocabulaire quotidien dans des proportions qui confinent (!) à l’absurde.

Il y a la langue embarrassée des politiques : Mme Ndiaye nous parle « en bon père de famille » (où est passée l’écriture inclusive ? Terrassée par le peu de gel hydro-alcoolique qui traîne ?). À propos d’écriture inclusive, voici une relance d’une Grande École parisienne à ses étudiants : « Message aux diplômé-e-s : vous avez été sollicité-e-s pour répondre à une enquête, etc. ». Le rédacteur englobe, non seulement le féminin et le masculin, mais aussi le singulier et le pluriel, puisque, s’adressant à chaque étudiant, il aurait pu se contenter d’écrire « vous avez été sollicité-e ».

M. Édouard Philippe a décidé que les marchés ouverts seront fermés… Et il use et abuse de l’expression « les Outremers ».

Dans la même veine, la piscine d’une ville de banlieue parisienne a affiché : « Fermée pour cause de fermeture » !

Un chroniqueur de Cnews, le 25 mars 2020, vers 19 h 40, a déclaré que les mesures avaient été prises « un peu hard ». Comme un confrère lui soufflait l’expression bien connue « à la hussarde », il a bredouillé « merci, je cherchais le mot ». Si c’est du snobisme, c’est ridicule (qu’il ne croie surtout pas que cela épate la France des ronds-points!), si c’est réel, alors c’est grave pour notre langue (et pour l’élite qui l’oublie). Quelques minutes plus tard, sur la même chaîne, quelqu’un soulignait la transition vers le sujet suivant en s’esclaffant : « quel teasing ! ».

Et c’est comme cela tous les jours que Dieu fait...