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31/12/2019

Qui a dit que le français faisait de la résistance ?

Qui a dit que le français faisait de la résistance ?

Qui a dit que le Français faisait de la résistance ?

C’est tout le contraire que l’on voit chaque jour, du Président de la République (française) aux dirigeants du CAC 40, en passant par ceux de la moindre petite société qui se voit pousser des ailes internationales et se prend pour le futur Google des années 20.

Récemment sur une chaine d’info en continu, qu’il aimerait appeler Canal Nouvelles, le chroniqueur et enseignant québécois Mathieu Bock-Côté disait qu’il était stupéfait de voir les Français émailler leur discours de mots anglais en toute occasion.

Que l’on en juge par le communiqué ci-dessous.

« En 2020, JeSuisEnCours devient SoWeSign 
Née de la rencontre entre un dirigeant d’école et un expert de la dématérialisation, la solution de dématérialisation des émargements JeSuisEnCours a vu le jour en 2015. Aujourd’hui, JeSuisEnCours se développe et apprend de ses expériences. Nous avons accompagné des organismes de formation continue, entreprises privées, une région, etc. Dont les utilisateurs ne sont pas toujours “en cours” ni même francophones...

Nous avons dû trouver un nom correspondant à l'ensemble de nos clients et utilisateurs. En 2020, JeSuisEnCours change de nom et devient SoWeSign : un nom plus court, plus simple, plus moderne, adapté à l’international et à chacun d'entre vous ».

Chers lecteurs, vous avez bien lu ! Ils ont  trouver un nom !

et le nouveau nom est plus moderne, oui, parce qu’il sonne américain ! 

Honte à eux !

06/11/2019

M. Macron et la francophonie (I)

On connaissait la start-up nation et autres fariboles néolibérales du Président de la République française mais il restait, dans cet océan de  globish, un îlot de beau langage diplomatique ou administratif : celui des tribunes officielles et des lutrins, cadrés plein champ par les télévisions du monde entier (quand celles-ci s’intéressent à la France…). Devant ou derrière nos dirigeants, Président ou Premier Ministre, figurait le titre de la conférence ou du rendez-vous, en bon français, bien calligraphié et avec les accents sur les majuscules, s’il vous plaît !.

Mais hélas, mille fois hélas, le passage de M. Macron dans l’Océan indien, dans les Comores, puis à la Réunion, a fait voler en éclat cette belle tradition, maintenue jusqu’ici par notre Administration.

Stupéfaction, derrière le Président de la République, lors de sa conférence de presse, nous avons pu voir un énorme « Choose La Réunion », digne des pires logos inventés par les communicants de nos belles régions (voir mon billet du 30 septembre 2019 sur Only Lyon and co.).

Choose La Réunion.jpg

(on notera la mention « TM » à côté du logo, preuve que c’est du sérieux, des fois que les Américains songeraient à nous le piquer !)

Le site réunionnais Linfo.re explique : « Cet après-midi, il rencontre de nombreux chefs d’entreprises lors du forum "Choose La Réunion". Un forum avec pour objectif de renforcer l’attractivité de l’île auprès des investisseurs français et étrangers ». D’accord mais comment peut-il s’afficher devant un logo en anglais, alors que notre Constitution proclame : « La langue de la République est le français » (soit dit en passant, heureusement que les rédacteurs de la Constitution de 1958 ont pensé à écrire cet article 2 ! Car aujourd’hui, vu l’empreinte anglo-saxonne sur nos dirigeants, il serait impossible de l’y inclure. Merci Charles de Gaulle et Michel Debré !).

Allez, pour la route, cette photo de M. Le Maire, ministre de l’économie du gouvernement français, devant une affiche tout aussi belle :

Choose Africa.jpg

Cela ne nous rassure pas !

14/10/2019

Le français fait de la résistance (III)

À l’heure où la validation des Commissaires pressentis semble bien difficile (la candidature de Mme Goulard, comme on pouvait s’en douter, vient d’être  retoquée par le Parlement européen), des fonctionnaires appellent au secours à cause de la domination de plus en plus écrasante de l’anglais, alors même que l’Union européenne compte trois langues de travail – le français, l’allemand et l’anglais –, est censée promouvoir le pluralisme linguistique, entend défendre « le mode de vie européen » et, last but not least, négocie actuellement le départ de la Grande Bretagne, seul pays dont l’anglais est la langue officielle !

Le règne de Mme Ursula von der Leyen, nouvelle Présidente de la Commission européenne, polyglotte émérite dit-on et qui se vante d’être trilingue, avait de toutes façons mal débuté puisqu’elle n’a parlé quasiment qu’anglais lors de sa première conférence de presse…

Marianne le 4 octobre, dans une brève de Jack Dion (que l’on aurait envie de prénommer Jacques…) et Les Échos, dans un long article de Gabriel Grésillons du 18 septembre 2019, se sont fait l’écho de cette revendication des fonctionnaires francophones d’avoir le droit de travailler en français. Ils ont donc écrit une lettre ouverte à la Présidente.

En effet, la situation s’est fortement dégradée en dix ans ; l’anglais est devenu systématique dans la moindre réunion, pour la moindre note de service : « Même lorsque l’ensemble de la hiérarchie est francophone, nous recevons comme instruction orale de ne pas produire de documents dans d’autres langues que l’anglais » dénoncent-ils. Ils réclament le droit de s’exprimer en français, de passer des appels d’offres ou de communiquer sur les réseaux sociaux dans la langue de Molière.

« L’anglais devient un plus petit dénominateur commun ; on lit les mêmes médias, on parle la même langue dans une forme appauvrie et on ne conceptualise plus le monde dans notre propre langue… ».

Seront-ils nombreux à signer cette lettre ?