26/11/2015
Devinette XI : barbarismes
Le 25 novembre 2015, j'ai signalé des mots que l'on emploie à tort soit au masculin, soit au féminin...
Serez-vous capable de dire ce qui caractérise les mots suivants ?
aide, critique, enseigne, greffe, guide, manœuvre, mémoire, mode, office, parallèle, relâche, solde, trompette
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22/11/2015
À propos de "De conséquence"
C'est vrai que c'est compliqué, le français...
Bernard Pivot, dans "Les mots de ma vie", consacre un article à la locution (adjectivale !) "de conséquence". Mais l'Académie, dans "Dire, ne pas dire", est plus diserte sur le sujet, tout en disant - ouf - la même chose. Je crois l'avoir déjà mentionné mais répéter n'est pas nuisible (et je n'ai pas le courage de fouiller dans les archives du blogue… Lequel de mes lecteurs trouvera le billet en question ?).
Bon, résumons.
"Conséquence" signifie : effet, contrecoup, résultat, ricochet, prolongement, etc.
"Conséquent" se dit de quelqu'un qui agit "avec esprit de suite" ou d'une chose qui est "dans la suite logique de". Jusqu'ici ça va...
On n'a pas le droit d'employer "conséquent" dans le sens de "important", "considérable". C'est un barbarisme dénoncé par Littré. Bon, d'accord.
Mais là où il faut rester calme, c'est quand on apprend que la locution "de conséquence" signifie "important", "considérable". Par exemple : "un homme de conséquence" est important.
B. Pivot cite Brassens, qui connaissait son français sur le bout des cordes de sa fameuse guitare, dans la "Supplique pour être enterré sur la plage de Sète" :
"Pauvres rois, pharaons ! Pauvre Napoléon !
Pauvres grands disparus gisant au Panthéon !
Pauvres cendres de conséquence !…"

Ni les uns ni les autres ne parlent de l'adverbe "conséquemment", que j'adore et qui signifie "de manière logique" et "par suite de"...
Il est vrai qu'il reste dans la ligne !
18/11/2015
Mes amis, que reste-t-i(l) à ce dauphin si genti(l) ?
Et ça continue comme ceci (chacun a chanté, étant enfant, le Carillon de Vendôme) :
"Orléans, Beaugency, Notre-Dame de Cléry…"

Tout cela pour se poser la question suivante. Faut-il dire et écrire, par exemple, "les étendues qu'il reste à découvrir" ou bien "les étendues qui restent à découvrir" ?
L'oreille ne fait guère la différence, c'est pour cela que la chanson utilise la rime en "i".
Cela m'intriguait depuis longtemps et je m'apprêtais à soumettre le point à l'Académie via son site internet (rubrique Dites-Ne dites pas) quand j'ai découvert la "solution" dans le "Valeurs actuelles" du 12 novembre 2015, sous la plume du grammairien Philippe Barthelet, que mes lecteurs connaissent. Voici ce qu'il en dit.
"Les deux, selon que l'on veut mettre l'accent sur les étendues elles-mêmes ou sur l'action de les découvrir".
Il a fait des recherches dans les dictionnaires : Littré donne "la chose qui reste à faire", l'Académie "voilà ce qui reste du dîner" et le célèbre Grévisse est d'avis que "avec rester, on emploie qu'il ou qui, à son choix". Mais Jules Renard écrit dans son Journal "Tous les livres qu'il me reste à lire", tandis qu'un professeur soupirera à propos "de toutes les copies qui me restent à corriger".
Faut-il dire "le temps qu'il me reste ?" ou bien "le temps qui me reste ?".
C'est incertain, même si, dans l'absolu, il faudrait se demander si le temps en question peut être compté ou non…, d'où l'emploi du "personnel" ou de "l'impersonnel".
Bref, chacun fera au mieux, selon sa sensibilité ou ses habitudes.
Mais savoir qu'on est libre, n'est-ce pas ce qui plaît le plus aux Français ?
07:31 Publié dans Histoire et langue française, Règles du français et de l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0)


