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03/08/2015

Le français, les successions et l'argent (II)

"Et Bob Dylan chantait... un truc qui m'colle encore au cœur et au corps" :

Fintech, cleantech, crowdfunding, business angels,

Advize, Fundshop, The Assets, Early Metrics,

Finexkap, Kisskissbankbank, Finsquare,

Lendopolis, Lendix, Unilend,

Yomoni, robot advisor, Interactive Brokers,

French Tech, France Fintech,

Disruptif et scalable

Partech Ventures,

Bankin', Payplug, Paytop, Leetchi-Mangopay, Lemonway,

Truffle Capital

Ce lexique en globish ou en franglais, je l'ai relevé dans Le Revenu du 31 juillet 2015 (n°1337)...

Dans l'article intitulé "Les fintechs dynamitent l'épargne et le crédit", le seul mot "moderne" écrit en français est "jeune pousse" (agréable francisation de start up et équivalent de "gazelle") !

Tout le reste est un ramassis de franglais et de noms de marque qui sont les calques de leurs équivalents américains. 

 

Orléans, Beaugency, Notre Dame de Cléry, Vendôme… Notre Dame de Cléry.jpg

 

Ça n'avait pas une autre gueule ?

 

Traduction :

fintech : équivalent de "biotech" pour la finance, c'est-à-dire sociétés du type 2.0 utilisant internet pour simplifier, rendre moins cher et capter le marché des services financiers à destination des entreprises et des particuliers

cleantech : idem pour le secteur de l'énergie

crowdfunding : financement participatif

business angels : investisseurs providentiels

robot advisor : programme informatique proposant des choix d'investissement à partir du profil de chaque épargnant

scalable : extensible au monde entier

tout le reste : des raisons sociales déraisonnables sur le marché français, destinées à des Français

Sur le fond, cela annonce la mort ou la reconversion draconienne des banques traditionnelles avec des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires. On parle d'ubérisation... 

 

09/07/2015

Irritations XX

En plus des "écorchages" de français déjà signalés et en plus de l'absence d'accord du participe passé placé après l'auxiliaire "avoir", voici encore quelques sujets d'irritation (il suffit d'écouter la radio ou de regarder la télé).

"On vous a montré des premières images", au lieu de "On vous a montré de premières images", ce qui est différent de la formulation "Il s'agit des premières images en provenance de la catastrophe", qui est correcte. "Des" ou "de" renseigne sur la précision de la phrase : "des" remplace "de les" ; la phrase indique donc que ce sont LES premières images (il y en aura d'autres mais les premières sont particulièrement importantes, et la chaîne en question est peut-être la première sur le coup. Dans l'exemple initial, on veut indiquer aussi que c'est le début d'une publication d'images mais sans que les premières aient une importance particulière.

 

 

06/07/2015

Irritations XIX

Sens unique.jpgDans le billet "Irritations XVIII", j'ai oublié cet horrible franglicisme "Ça fait sens", au lieu de, tout simplement, "Ça aurait du sens" ou bien "Ça serait une bonne chose, une bonne idée, une bonne évolution, etc.".

 

Tant que j'y suis, je vous soumets quelques perles que j'ai relevées ici et là (à force, d'ailleurs, je ne sais plus si j'en ai déjà parlé ou non...).

 "On fait pas ce qu'il faut sur le match" (un footballeur, sur France Inter, le 22 avril 2015, pour expliquer sa défaite), au lieu de "pendant le match" ou mieux "au cours du match". Les footballeurs ont la réputation, plutôt méritée il est vrai, d'être incapables de s'exprimer correctement. Mais sont-ils seuls dans ce cas ?

Sûrement pas ! Ainsi leurs entraîneurs (qu'ils aiment bien appeler "coach" pour montrer qu'ils ne jouent pas qu'avec leurs pieds...) montrent-ils l'exemple du parlé approximatif : "Il y a eu du très bon jeu de produit". Pourquoi "de produit", au lieu de "On a produit ou ils ont produit du très bon jeu" ?

Voici encore une source d'irritation : "voilà", justement. Normalement, comme "ceci" et "cela", "voici" et "voilà" devraient se rapporter, respectivement, à "ce qui suit" et à "ce qui précède"... Or on entend couramment : "Voilà la voiture qui arrive", "Voilà ce que je voulais te donner"... au lieu de "Voici la voiture", "Voici ce que...". A contrario, on devrait dire "Voilà ce que je voulais vous dire aujourd'hui, jour de canicule".

Et c'est ce que je te dis, public !