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09/07/2015

Irritations XX

En plus des "écorchages" de français déjà signalés et en plus de l'absence d'accord du participe passé placé après l'auxiliaire "avoir", voici encore quelques sujets d'irritation (il suffit d'écouter la radio ou de regarder la télé).

"On vous a montré des premières images", au lieu de "On vous a montré de premières images", ce qui est différent de la formulation "Il s'agit des premières images en provenance de la catastrophe", qui est correcte. "Des" ou "de" renseigne sur la précision de la phrase : "des" remplace "de les" ; la phrase indique donc que ce sont LES premières images (il y en aura d'autres mais les premières sont particulièrement importantes, et la chaîne en question est peut-être la première sur le coup. Dans l'exemple initial, on veut indiquer aussi que c'est le début d'une publication d'images mais sans que les premières aient une importance particulière.

 

 

06/07/2015

Irritations XIX

Sens unique.jpgDans le billet "Irritations XVIII", j'ai oublié cet horrible franglicisme "Ça fait sens", au lieu de, tout simplement, "Ça aurait du sens" ou bien "Ça serait une bonne chose, une bonne idée, une bonne évolution, etc.".

 

Tant que j'y suis, je vous soumets quelques perles que j'ai relevées ici et là (à force, d'ailleurs, je ne sais plus si j'en ai déjà parlé ou non...).

 "On fait pas ce qu'il faut sur le match" (un footballeur, sur France Inter, le 22 avril 2015, pour expliquer sa défaite), au lieu de "pendant le match" ou mieux "au cours du match". Les footballeurs ont la réputation, plutôt méritée il est vrai, d'être incapables de s'exprimer correctement. Mais sont-ils seuls dans ce cas ?

Sûrement pas ! Ainsi leurs entraîneurs (qu'ils aiment bien appeler "coach" pour montrer qu'ils ne jouent pas qu'avec leurs pieds...) montrent-ils l'exemple du parlé approximatif : "Il y a eu du très bon jeu de produit". Pourquoi "de produit", au lieu de "On a produit ou ils ont produit du très bon jeu" ?

Voici encore une source d'irritation : "voilà", justement. Normalement, comme "ceci" et "cela", "voici" et "voilà" devraient se rapporter, respectivement, à "ce qui suit" et à "ce qui précède"... Or on entend couramment : "Voilà la voiture qui arrive", "Voilà ce que je voulais te donner"... au lieu de "Voici la voiture", "Voici ce que...". A contrario, on devrait dire "Voilà ce que je voulais vous dire aujourd'hui, jour de canicule".

Et c'est ce que je te dis, public !

 

30/06/2015

Derrière chez moi, devinez quoi qu'il y a

Derrière chez moi, y a un parc, le plus joli des parcs, petit parc derrière chez moi...

Mais non loin de chez moi, il y a des restaurants, et même une rue de restaurants, aux menus des quatre coins du globe (à supposer qu'un globe puisse avoir des coins, et quatre en l'occurrence).

Sur une enseigne, on lit "Cuisine traditionnelle Française", sur une autre "Restaurant Méditerranéen"...

Où sont-ils donc allés chercher cette manie de mettre une majuscule (que l'on devrait d'ailleurs appeler une capitale) au début des adjectifs ? Pour moi, c'est l'anglais de Bruxelles qui déteint, ainsi que je l'ai déjà expliqué dans un billet antérieur : the European way of life, etc.

Ça m'énerve...

Résilience.jpgDans un genre totalement différent (pardonne-moi, Najat, de parler comme cela…), il y a le mot "résilience" qui remplace systématiquement "résistance" dans les discours de nos experts et de nos hommes politiques. Pourquoi donc ?

Faut-il y voir une corrélation avec l'entreprise consciencieuse de démolition des fondations posées par le Conseil national de la Résistance ? Ce serait aller trop loin dans la psychose du complot.

La première fois que j'ai entendu parler de résilience, c'était, il y a longtemps, à propos d'une propriété physique des matériaux 

Le site La Toupie en donne la définition suivante :

Étymologie : de l'anglais resilience, issu du latin resilire, rebondir, rejaillir. En physique, la résilience est la capacité des matériaux à résister aux chocs ou à retrouver leur forme initiale après avoir été comprimés ou déformés. Le coefficient de résilience est le rapport entre l'énergie nécessaire pour casser un objet et la surface de la section qui est brisée.

Ensuite, j'ai lu le livre "Un merveilleux malheur" (Odile Jacob, 1999), dans lequel le psychiatre Boris Cyrulnik s'approprie le terme pour désigner "la capacité à réussir, à vivre, à se développer, en dépit de l'adversité". Le concept - et le mot - ont fait florès.

Depuis lors, on ne parle plus que de "résilience", "résistance" faisant trop guerrier, trop contestataire, trop empêcheur de tourner en rond.

Nos amis grecs font-ils de la résilience ou de la résistance ?