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16/12/2014

Irritations VIII : mariage pour soi tout seul et autres actualités

J'apprends que, sur internet, les célibataires peuvent "se marier tout seul"… Comme dirait l'Autre : "si ça peut vous faire plaisir, ça mange pas de pain". Mais là où la société n'est pas franche du collier (ou de l'alliance), c'est qu'elle appelle cette innovation le "solo wedding"...

Marianne, le 5 décembre 2014, dénonçait, sous la plume de Laurent Nunez, la paupérisation des écrivains, signe de la déconsidération qui les frapperait. La majorité des écrivains français ne vivent pas de leur plume. Ils sont pourtant les producteurs de la matière première qui fait les livres mais ils ne touchent que 8 % de leur prix de vente, contre 15 % pour l'éditeur, 11 % pour la distribution, 8 % pour la diffusion...

Et même quand le livre est numérique, la part de l'écrivain n'augmente pas, celle de l'éditeur si !

D'après le chroniqueur, histoire de France à l'appui, cette situation de "tiers-état intellectuel" en France, est le signe avant-coureur de grands bouleversements...

Autre chose ; le Monde du 2 septembre 2014 signalait que le groupe Daimler (les fameuses Mercedes) venait de généraliser le dispositif de "Mail en vacances" à tous ses salariés, qui permet de signaler à l'expéditeur que son destinataire est en vacances et que son courriel va être détruit ; il est alors invité à renouveler ce courriel ultérieurement si le problème en question n'a pas trouvé de solution entre temps, avec un autre interlocuteur. Objectif : plus de BAL saturée à la rentrée.

Dans la Silicon Valley, certains employés s'offrent des stages de désintoxication numérique...

Allez, ralentissez, souffler (car inspirer est réflexe mais expirer, non), allez faire quelques pas, réfléchissez !

 

03/12/2014

Radio matutinale

La radio apporte chaque matin, même sur la langue française, son lot d’informations tantôt déprimantes, tantôt enthousiasmantes ou enrichissantes.

Danse moderne.jpg

 

 

Ce matin, Patrick Cohen s’est laissé aller à parler de dancefloor, à propos des Transmusicales de Rennes. C’est typique des cas d’emploi du franglais dans lesquels, justement, il n’y a aucune raison de le faire : le terme français ancestral « piste de danse » convient parfaitement, il n’est ni désuet ni connoté et, malgré la musique techno, il n’y a dans ce domaine aucune innovation technologique ou sociale qui pourrait justifier de recourir à un mot nouveau (étranger).

 

 

 

En écoutant la réalisatrice d’un film parler de son travail, j’ai pris conscience qu’aujourd’hui le tic verbal à la mode, c’est « voilà ». Quand on est à cours de vocabulaire, voire d’idée, au lieu de dire « euh… » comme il y a vingt ans ou « j’veux dire » comme il y a dix ans, on dit « voilà », et c’est censé résumer tout ce que l’on ne dit pas ; cela suggère aussi qu’il n’y a pas besoin d’en dire plus, que l’interlocuteur ou l’auditeur saura compléter lui-même. Comment et pourquoi ces tics se répandent-ils comme la grippe ? Comment naissent-ils ? Mystère.

Allez, assez parlé d’irritants !

La radio apporte aussi des informations réjouissantes ou stimulantes.

Ainsi Guillaume Galliene, qui cause littérature dans le poste chaque semaine, publie-t-il un livre sur les grands auteurs (Proust, Hugo…) : « Ça ne peut pas faire de mal » et, dans les disques qui l’accompagnent, il en lit des extraits.

Drapeau corse.pngEt Facebook, qui se réjouit des nouveaux « amis » que peuvent lui apporter les langues régionales, vient d’accepter le corse, après le breton. Les mots-clés ont été traduits (je les retranscris d’oreille car je ne maîtrise pas encore le corse) : calistreli pour cookie, ouritrakou di profilou pour profile… Pourquoi pas ? Mais les échanges qui se feront en corse, ne se feront pas au même moment en français ; dans le combat de Titans que se livrent pour survivre, les langues planétaires (anglais, français, espagnol, mandarin…), est-ce un avantage ou un talon d’Achille ?

Dans Wikipedia, où il ne s’agit pas de blablater ou de se montrer en maillot de bain mais de connaissances et de culture, le français tient son rang au niveau mondial quant au nombre de pages, heureusement.

 

PS. « matutinal » (XIIè siècle), du latin matutinum, matin.

30/11/2014

Irritations VII : Saint Nicolas

Bon an mal an, en écoutant la radio, on trouve chaque jour à s’échauffer la bile…

Ainsi, sur France Inter, dans la Matinale du 28 novembre 2014, a-t-on pu entendre une journaliste parler trois ou quatre fois de performance à propos d’une représentation théâtrale…

Mais, surprise, une autre a prononcé le mot sweat shirt : souète cheurte, c’est-à-dire à l’américaine, alors qu’on entend généralement : souite cheurte, c’est-à-dire sweet shirt… Il est vrai que c’était une interprète qui traduisait un Américain de Ferguson, et le propre de l’interprète, c’est de connaître les deux langues qu’elle met en correspondance. Et ce n’est pas le cas de beaucoup de nos compatriotes, qui sont à l’aise avec le franglais mais ne connaissent ni l’anglais ni le français.

Ces derniers jours, on ne nous a pas parlé du Sommet de la Francophonie (voir mon billet d’hier).

En revanche, on nous a bassinés avec Thanksgiving, jour du grand pardon outre-Atlantique. Et ça, ce ne serait rien !

On croyait Halloween rangé par les sorcières ces dernières années mais non, il est revenu en force ; alors Thanksgiving en plus ou en moins…

Halloween.jpg

Non, ce ne serait rien si les puissants du commerce international n’en avaient profité pour nous fourguer le Black Friday (avec les majuscules s’il vous plaît), qui s’ajoutent aux soldes permanents d’une société de consommation en panne. Car le lendemain de Thanksgiving, c’est cadeaux !

Claude Hagège dit que l’anglais, c’est la pensée unique… ceux qui ont des oreilles finiront pas entendre.

 

Saint Nicolas.jpgLe 6 décembre, on ne nous parlera pas non plus de Saint Nicolas… coincé qu’il est entre les citrouilles et le Père Noël…

 

Saint Nicolas ne venant plus à moi, comme il le faisait au temps de mon enfance dans les Hautes Vosges, j’ai décidé d’aller au devant de lui.

 

Cap à l’Est, U.S. go home !