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01/11/2017

L'orthographe, c'est tout

Marianne nous apprend, dans son numéro du 20 octobre 2017, sous la plume de Thomas Vallières, que M. Blanquer, sobre et pragmatique ministre de l’Éducation nationale, « a prononcé un non ferme et définitif à cette mode consistant à neutraliser le genre des mots et des adjectifs au nom d’une prétendue féminisation du vocabulaire, instituée dans une recherche d’égalité (...). Rendons grâce au ministre d’avoir enterré cette lubie naguère saluée par Najat Vallaud-Belkacem, aventurée sur une voie puérile qui consiste à abîmer notre langue ».

 « On va pouvoir en revenir à la mission première de l’école qui est la transmission des savoirs et la formation des esprits, domaine dans lequel il y a trop de travail pour embrouiller la tête des élèves (tous sexes confondus) ».

Dans son enthousiasme, le journaliste écrivait : « Le débat sur l’écriture dite inclusive est clos et nul ne s’en plaindra ». À l’école, oui, et l’éditeur qui a voulu se faire de la publicité à moindres frais, en sera pour son argent.

Ailleurs, ce n’est pas sûr…

Et l’Académie française, qui a été mieux inspirée, a soufflé sur les braises quelques jours plus tard en déclarant qu’il s’agissait d’un crime contre la langue. Quelle emphase, quelle outrance !

Non, ce n’est qu’un avatar supplémentaire de la bienpensance et de l’égalitarisme jusqu’au-boutiste.

Fréquentation : le verre à moitié vide

Drôle de mois d’octobre : la fréquentation du blogue a démarré en flèche, comme aux plus beaux jours, au point que le tendance au milieu du mois était d’égaler mai 2017.

Las, le 22 octobre, chute libre : la fréquentation quotidienne atteint son plancher, 6, 5 et même 2 visiteurs ! Et le redressement ne s’est pas produit.

Au total, le mois se termine avec 453 visiteurs uniques, entre les performances de juin et juillet 2017, en recul de 7 % par rapport à septembre.

L’Afrique tire son épingle du jeu avec 7 % des visiteurs en octobre.

Que s’est-il passé ?

  • le 21 octobre commençaient les vacances scolaires de Toussaint en France métropolitaine…
  • et le commentaire du livre de Camara Laye, « L’enfant noir », a occupé plusieurs de mes billets…

 

Une enquête récente montrait que 40 % des participants à une réunion professionnelle faisaient autre chose que d’y participer vraiment, un pourcentage important d’entre eux regardant leur téléphone ou leur ordinateur, dont sans doute quelques-uns lisant le billet du jour de mon blogue…

Vivement que tous mes lecteurs retournent au travail !

10:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

26/10/2017

Katsimbalis n'est plus

De mai à août 1982, j’ai lu « Le Colosse de Maroussi » de Henry Miller (1941). J’avoue que le livre ne m’avait pas plu car je n’y avais pas vu ce que je cherchais : une peinture de la Grèce, un récit de voyage ou de séjour, par un ami de Laurence Durrell. Seules avaient trouvé grâce à mes yeux l’introduction dans laquelle Miller disait sa passion pour le Périgord (qui pour lui survivrait à la France !) et la magnifique fin qui rendait immortel un Grec de légende, Katsimbalis, le colosse de Maroussi, qui avait littéralement subjugué l’Américain revenu de tout. 

« C’était une sorte de processus dévorant ; quand il décrivait un endroit, il y mordait à pleines dents comme une chèvre qui s’en prend à un tapis. S’il dépeignait quelqu’un, il le mangeait tout cru, de pied en cap. Un événement – il le dévorait en détail, comme une armée de fourmis blanches qui se lance à l’assaut d’une forêt. Il était partout à la fois, en parole. Il attaquait d’en haut, d’en bas, de front, par-derrière, sur les flancs. S’il lui manquait une expression, une image pour en finir aussitôt avec un détail, il le clouait d’un coup de lance, momentanément, et continuait, quitte à revenir plus tard le déchiqueter pièce à pièce. Ou alors, tel un jongleur, il le faisait sauter en l’air, et juste quand on croyait que, l’ayant oublié, il allait le laisser retomber et se briser, il passait adroitement le bras derrière le dos et le rattrapait sur la paume, sans même se donner la peine de regarder ». 

Katsimbalis.jpg

J’avais surnommé Katsimbalis, pour son anticonformisme, sa faconde, son soupçon de misanthropie, son côté artiste autodidacte et son parcours original et solitaire, un Auvergnat authentique, J.H., à mille lieues et même à mille kilomètres de l’Acropole. 

Lors de chaque séjour en Auvergne, je passais un moment avec lui, il me donnait des nouvelles et nous commentions l’actualité, devant un café ou un apéritif. Il nous a rendu d’innombrables services, c’était notre vigie et notre point d’entrée dans le pays.

En mai 2017, il s’est plaint d’une fatigue persistante et a progressivement cessé toutes ses activités. Lors de mes appels téléphoniques il a avoué des douleurs de plus en plus insupportables et s’est mis à fréquenter médecins et hôpitaux mais a obstinément refusé qu’on vienne le voir.

Notre Katsimbalis est mort en octobre 2017 à 74 ans. 

« Et ce n’était pas simple bavardage, c’était du langage qu’il vous servait – un langage du ventre, langage de bête féroce » (citations extraites du site Babelio).