06/05/2019
Féminisation de la langue française : "la baguette, il est chaude"
Ceci est ma contribution au débat sur la féminisation – voulue par certaines, décriée par tous les autres – de la langue française : sortant d’une boulangerie, j’ai entendu un père dire à son gamin « je peux pas te donner du pain tout de suite ; la baguette, il est chaude » !
Cette absence d’accord en genre du pronom, je pensais que c’était l’apanage des francophones étrangers, africains surtout, dont la langue maternelle, peut-être, n’en était pas pourvue. Ou encore de certains milieux populaires peu éduqués. Les phrases du style « les filles, i z’aiment bien se maquiller »… Mais non, la preuve par la boulangerie que le retour vers « le masculin faisant office de neutre » est largement répandu en France métropolitaine.
Ce n’est pas tout ! Je note la disparition de plus en plus fréquente de l’accord en genre du participe passé avec le sujet du verbe : « les filles sont soumis à rude épreuve » et « ces photos des filles que j’ai pris ».
Faisons-nous tout de suite l’avocat du diable (féministe radical) : dans le second cas, ces dames diront que c’est la paresse (ou bien le souci d’aller vite) qui fait que l’on simplifie la langue, « à l’anglaise », pourrait-on dire. Et dans le premier, que ce n’est qu’une illustration supplémentaire du machisme qui vise à tout ramener au masculin. Certes…
Mais il est tout de même étonnant qu’au moment où quelques-unes veulent absolument accorder au féminin les adjectifs épithètes d’une énumération – « les hommes et les femmes sont belles » – et ajouter des ".e" partout, et donc orienter la langue dans un sens militant, des kyrielles d’autres personnes, chaque jour, sans y prêter attention, la ramènent dans l’autre sens.
07:03 Publié dans Actualité et langue française, Règles du français et de l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0)
22/04/2019
Enfin une norme française pour des claviers enfin francisés
Marie-Estelle Pech signale dans les actualités France du Figaro du 3 avril 2019 qu’une norme française sur les claviers va enfin faciliter l’accentuation des majuscules (que rien n’interdit, bien au contraire pour une meilleure lisibilité, sauf les instituteurs des années 60, pour une fois très mal inspirés – en attendant que la méthode globale leur tombe sur la tête, mais c’est une autre histoire), ainsi que l’utilisation des signes diacritiques (œ, Ç, etc.) et les guillemets français («... »).
Apparemment (mais il faut dire que nos députés préfèrent s’intéresser à la fessée dans les chaumières…) la France était l’un des rares pays européens à ne pas disposer d’une norme nationale en la matière (je ne sais pas ce qu’il en est au Québec). Comme quoi, on n’est jamais les derniers à suivre l’Europe quant il s’agit de privatiser à marche forcée ou à battre notre coulpe quant on nous fait des remontrances sur l’interdiction du voile intégral mais, en revanche, quand il s’agit de se protéger comme les autres et de défendre notre langue – déjà massacrée par internet – on prend tout son temps…
Ne boudons pas notre plaisir, c’est un événement important et une très bonne nouvelle. Avec quelques bémols cependant :
- Une norme n’étant pas obligatoire (contrairement à ce que pensent les gens et contrairement à l’usage que font du mot les hommes politiques, dans le sens de « réglementation », pour le coup obligatoire…) ;
- Il faudra donc attendre que tel ou tel fabricant (taïwanais ?) nous propose un clavier respectant cette norme ; et même dans ce cas, les entreprises et les administrations l’adopteront-elles ?
- Cette « révolution » n’est en fait qu’une première évolution car il s’agit pour l’instant uniquement « d’ajuster la disposition de certaines touches », l’optimisation ayant été faite par ordinateur et suite à une enquête publique ;
- On sera encore loin du clavier bépo parfaitement adapté à la langue française et ergonomique (peut-être une deuxième norme ?)
Les normalisateurs ont évalué la durée d’adaptation à ces deux types de clavier : de quelques heures à trois semaines.
La norme va plus loin que nos caractères diacritiques puisqu’elle intègre le fameux point médian « » (non pas celui de la tristement célèbre écriture inclusive mais celui des graphies en catalan et en gascon…) et le n tilde « ñ » (utile en basque et en breton). Soit dit en passant, cette « extension » est curieuse alors que les langues régionales n’ont pas droit de cité. Plus généralement la norme permettra de saisir tous les caractères des langues à alphabet latin du continent européen, dont évidemment l’allemand, l’espagnol et le portugais.
07:00 Publié dans Actualité et langue française, Règles du français et de l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0)
16/04/2019
De, des et d'
Voici une facétie du français.
Il convient de dire et d’écrire : « Notre jardin présente à cette époque…
- des fleurs magnifiques (pas de problème) ;
- de magnifiques fleurs (problème : la plupart des gens remplacent « de » par « des ») ;
- d’étonnantes fleurs jaunes sur les kerria japonica ».
07:00 Publié dans Règles du français et de l'écriture | Lien permanent | Commentaires (0)


