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03/06/2017

Fréquentation en progression continue

Le mois de mai 2017 avait débuté sur les chapeaux de roue : pendant longtemps la progression d'un mois sur l'autre avoisinait les + 20 %, avec un pic à 35 visiteurs !

Mais le pont de l'Ascension lui a fait du mal, la fréquentation a chuté, avec un creux à 7 visiteurs !

Bon an mal an nous avons tout de même atteint 628 visiteurs, en progression de 10 % par rapport à avril, et au niveau que novembre 2016.

L'Afrique contribue pour 7 % et l'Amérique du Nord pour 4,6.

Allez, amis lecteurs, encore un effort de régularité et de persévérance !

07:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

01/06/2017

Devinettes XVIII et XIX

Voici les réponses aux deux dernières devinettes :

1) la strophe est extraite de la chanson de Claude Nougaro "Nougayork", triomphe de l'année 1987.

Nougayork.jpg

2) Christine, c'est bien sûr Madame Lagarde, seul membre d'un gouvernement français qui ait jamais parlé couramment anglais ; la seule également à avoir été déclarée coupable par un Tribunal mais dispensée de peine... ; directrice générale du FMI depuis 2011, elle a le mérite de moduler le délire marchéiste et ultralibéral des institutions économiques mondiales et de prêcher pour un soupçon de keynésianisme.

Nougarojpg.jpg3) leur point commun est d'avoir tous les deux franchi l'Atlantique, l'une pour rejoindre Washington et accéder au rang de quasi-chef d'État, l'autre, congédié par sa maison de disque et considéré comme quasi-fini, pour débarquer à New-York et enregistrer dans la foulée, avec Mick Lanaro (que j'ai croisé dans une autre vie), un disque coup de poing qui reçoit l'année suivante la Victoire de la Musique et la récompense de meilleur interprète.

C'est en quelque sorte le choc du has been et du will be...

29/05/2017

"Pourquoi je préfère rester chez moi" (Benoît Duteurtre) : critique II (les yéyés)

Le chapitre 4 du livre de Benoît Duteurtre, « Pourquoi je préfère rester chez moi », s’intitule « Les yéyés de la politique » et cache bien son jeu.

Ça commence comme au premier chapitre « On aura moins entendu souligner (NDLR : à l’occasion des Primaires de la Droite de 2016) que le progrès en question consistait, comme tant d’autres, à importer un usage des États-Unis. Ce n’est pas un choix, c’est un phénomène historique. Tout ce qui a commencé là-bas doit continuer ici, sous les applaudissements, comme un grand bon en avant. Cela concerne aussi bien les zones fumeurs, les lignes de confidentialité à ne pas franchir dans les administrations, les rubans de plastique rouge qu’on déploie sur les lieux des accidents, les plaintes pour harcèlement sexuel, la monnaie barrée de deux traits, la généralisation des autocars dans le transport urbain, le port de tennis et de survêtements en ville, les frigos à boissons fraîches dans les magasins, les sirènes de recul sur les poids lourds, le remplacement des képis par des casquettes sur le crâne des policiers (…). On ne dit jamais toutefois que c’est américain, mais seulement que c’est moderne » (page 44). 

Johnny 1.jpg

Avouez que c’est bien vu (je n’avais pas en tête l’exemple de la monnaie : €…). Avouons-nous que les Américains inventent toutes sortes de choses astucieuses ou d’évolutions souhaitables ; pas question à mon sens de les refuser en France (comme si on le pouvait…) au motif qu’elles seraient américaines ; mais je me suis toujours étonné qu’on ne négocie jamais rien en échange, à savoir leurs trouvailles contre les nôtres (Michel Jobert, reviens !). Par exemple, qu’est-ce qu’on attend pour exiger des Américains qu’ils adoptent le système métrique, deux siècles après notre Révolution ?

Et Benoît Duteurtre d’ajouter à propos des primaires : « (Quelques observateurs animés de sens critique) se seront inquiétés de voir appliquer aux élections les lois de la consommation, invitant les électeurs à faire leur marché parmi un éventail de personnalités plus ou moins aguichantes… pour finalement retrouver la réalité immuable du néo-libéralisme. Encore une étape et la gauche n’aurait plus qu’à se rebaptiser démocrate, tout comme la droite venait de se rebaptiser républicaine » (page 45). 

Son analyse de la fameuse « recomposition politique » me semble pertinente, de même que celle de la construction européenne depuis De Gaulle, de même que l’accélération de l’emprise du soft power dans notre pays permise par internet, Facebook, Twitter and co. « Ainsi se généralise une vision du monde à deux vitesses : une culture internationale produite aux États-Unis et une actualité locale qui réduit chaque pays au rang de province » (page 49). Et il cite Michel Lancelot, fan à la fois de l’Amérique et de la chanson française, qui constatait que l’Europe suivait systématiquement ce qui se passait là-bas, à vingt ans de distance. Cet écart s’est sans aucun doute réduit. Mais qui sait si d’autres forces tout aussi redoutables ne sont pas en train de transformer la France de façon moins visible et peut-être moins sympathique (l’influence chinoise, nouveau géant, ou l’influence de l’Islam) ?

Johnny à moto.jpgPuis Benoît Duteurtre aborde un sujet très différent et en apparence moins sérieux mais qui lui tient à cœur, à lui comme à nous : la chanson française. « Johnny, contrairement à Piaf, Chevalier (NDLR : bof…) ou Trenet, n’a pas apporté à la chanson française un rayonnement mondial. Quasi inconnu au-delà des frontières, il impressionne par son engagement physique et peut ensorceler par sa voix… mais il suscite le sourire pour cette vie entière consacrée à l’imitation du rock’n’roll (…). La chanson française, pourtant, continuait son cheminement poétique. En ces mêmes années 60, Brassens, Brel ou Adamo (NDLR : bof…) connaissaient d’immenses succès populaires, en Italie, en Allemagne ou au Japon » (pages 50 et 51). On ne saurait mieux dire. Et pour lui, nos hommes politiques sont comme des yéyés de droite et de gauche, des imitateurs fascinés de l’Amérique des cow-boys.

Tout cela continue de plus belle… 

Encore récemment (le 17 mai 2017 matin pour être précis), France Inter nous chantait le couplet, habituel à pareille époque, sur le Festival de Cannes, la montée des marches et l’importance culturelle de cette événement sur la Croisette. Et bien plus car cette année, c’est le 74ème anniversaire du « plus grand festival de cinéma du monde » et on va faire une photo historique avec tous ses acteurs les plus marquants… Vous vous prenez à rêver ; on va réunir Sophia Loren, Luchino Visconti, Ettore Scola, Jean-Louis Trintignant, Sergio Leone, les lauréats de la Palme d’Or et les Présidents du Jury danois, polonais, suédois, etc. Et peut-être même qu’on verra sur la photo Monica Bellucci et Sophie Marceau ! Eh bien non ! Mille fois non ! Dans son reportage enamouré, la journaliste ne nous nommera que des représentants du cinéma américain, du modèle américain et donc mondial, de la culture (!) dominante ! Oui, rien que des Américains !