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01/11/2017

Fréquentation : le verre à moitié vide

Drôle de mois d’octobre : la fréquentation du blogue a démarré en flèche, comme aux plus beaux jours, au point que le tendance au milieu du mois était d’égaler mai 2017.

Las, le 22 octobre, chute libre : la fréquentation quotidienne atteint son plancher, 6, 5 et même 2 visiteurs ! Et le redressement ne s’est pas produit.

Au total, le mois se termine avec 453 visiteurs uniques, entre les performances de juin et juillet 2017, en recul de 7 % par rapport à septembre.

L’Afrique tire son épingle du jeu avec 7 % des visiteurs en octobre.

Que s’est-il passé ?

  • le 21 octobre commençaient les vacances scolaires de Toussaint en France métropolitaine…
  • et le commentaire du livre de Camara Laye, « L’enfant noir », a occupé plusieurs de mes billets…

 

Une enquête récente montrait que 40 % des participants à une réunion professionnelle faisaient autre chose que d’y participer vraiment, un pourcentage important d’entre eux regardant leur téléphone ou leur ordinateur, dont sans doute quelques-uns lisant le billet du jour de mon blogue…

Vivement que tous mes lecteurs retournent au travail !

10:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

26/10/2017

Katsimbalis n'est plus

De mai à août 1982, j’ai lu « Le Colosse de Maroussi » de Henry Miller (1941). J’avoue que le livre ne m’avait pas plu car je n’y avais pas vu ce que je cherchais : une peinture de la Grèce, un récit de voyage ou de séjour, par un ami de Laurence Durrell. Seules avaient trouvé grâce à mes yeux l’introduction dans laquelle Miller disait sa passion pour le Périgord (qui pour lui survivrait à la France !) et la magnifique fin qui rendait immortel un Grec de légende, Katsimbalis, le colosse de Maroussi, qui avait littéralement subjugué l’Américain revenu de tout. 

« C’était une sorte de processus dévorant ; quand il décrivait un endroit, il y mordait à pleines dents comme une chèvre qui s’en prend à un tapis. S’il dépeignait quelqu’un, il le mangeait tout cru, de pied en cap. Un événement – il le dévorait en détail, comme une armée de fourmis blanches qui se lance à l’assaut d’une forêt. Il était partout à la fois, en parole. Il attaquait d’en haut, d’en bas, de front, par-derrière, sur les flancs. S’il lui manquait une expression, une image pour en finir aussitôt avec un détail, il le clouait d’un coup de lance, momentanément, et continuait, quitte à revenir plus tard le déchiqueter pièce à pièce. Ou alors, tel un jongleur, il le faisait sauter en l’air, et juste quand on croyait que, l’ayant oublié, il allait le laisser retomber et se briser, il passait adroitement le bras derrière le dos et le rattrapait sur la paume, sans même se donner la peine de regarder ». 

Katsimbalis.jpg

J’avais surnommé Katsimbalis, pour son anticonformisme, sa faconde, son soupçon de misanthropie, son côté artiste autodidacte et son parcours original et solitaire, un Auvergnat authentique, J.H., à mille lieues et même à mille kilomètres de l’Acropole. 

Lors de chaque séjour en Auvergne, je passais un moment avec lui, il me donnait des nouvelles et nous commentions l’actualité, devant un café ou un apéritif. Il nous a rendu d’innombrables services, c’était notre vigie et notre point d’entrée dans le pays.

En mai 2017, il s’est plaint d’une fatigue persistante et a progressivement cessé toutes ses activités. Lors de mes appels téléphoniques il a avoué des douleurs de plus en plus insupportables et s’est mis à fréquenter médecins et hôpitaux mais a obstinément refusé qu’on vienne le voir.

Notre Katsimbalis est mort en octobre 2017 à 74 ans. 

« Et ce n’était pas simple bavardage, c’était du langage qu’il vous servait – un langage du ventre, langage de bête féroce » (citations extraites du site Babelio).

23/10/2017

Irritations linguistiques LVI : soyons sexy

Je parlais il y a peu du jargon présidentiel (je ne veux pas dire « macronesque », ce qui serait désobligeant et irrévérentieux) et du langage de la bienpensance… Le Marianne du 15 septembre 2017 en a donné un autre échantillon, savoureux : « Emmanuel Macron propose de transformer l’entreprise publique (la SNCF) en entreprise d’agrégation de mobilités ».

Sophie Marceau à St Bart.jpg

Un autre jour, j’avise un sac Etam (en papier, c’est déjà ça… sus au plastique qui pollue nos décharges et les océans), sur lequel il est écrit :

« We are FRENCH

We believe in BEING SEXY

INDEPENDENT

FASHIONABLE

& OPTIMISTIC »

(J’ai essayé de respecter la casse, la mise en valeur et les couleurs, fantaisistes comme on voit…).

Mon sang n’a fait qu’un tour ; en plein scandale Weinstein et projet de loi français immédiat contre le harcèlement sexuel, ça pouvait choquer. De même que l’association – gratuite – entre FRENCH et BEING SEXY…

Pour ce qui est de l’anglais – tu penses, public, que là est mon cheval de bataille ! – eh bien, l’alerte peut rester modérer puisqu’en retournant le sac, on lit la version française :

« OUI à la mode

           AU SEXY

à l’indépendance

À L’OPTIMISME »

Et c’est signé :

Etam

#FRENCHLIBERTÉ

(avec un É s’il vous plaît).

Le 12 octobre 2017, j’étais devant mon poste de radio (eh oui, ça existe encore ; il n’y a pas que les réseaux dits sociaux dans la vie) et j’écoutais un chercheur de l’INSERM parler des maladies neurologiques sur France Inter : « Le plus tôt vous diagnostiquez les dysfonctionnements dans le cerveau, le plus tôt vous avez des chances de réussir leur traitement ». Eh bien, désolé cher Monsieur, en français on ne dit pas les choses comme cela ! On dit et on écrit « Plus tôt vous diagnostiquez…, plus tôt vous avez des chances… ».

On sait bien d’où vient cette formulation aberrante ; c’est la contamination de l’anglais ; rappelez-vous : « The more I see you, the more I want you », Chris Montez, 1966.

(en entier, ça donnait ceci :

The more I see you, the more I want you
Somehow this feeling just grows and grows
With every sigh I become more mad about you
More lost without you and so it goes
 

Can you imagine how much I love you?
The more I see you as years go by
I know the only one for me can only be you
My arms won't free you, and my heart won't try
 

Can you imagine how much I love you?
The more I see you as years go by
I know the only one for me can only be you
My arms won't free you, and my heart won't try

Paroles : Mack Gordon / Musique : Harry Warren (1945).

Ce n’est pas demain la veille que vous lirez autant d’anglais à la suite dans ce blogue…