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04/02/2015

Le cinéma aussi

Il y a actuellement sur les écrans (les grands…) un film qui raconte les difficultés de jeunes pour trouver du travail dans le Nord de la France.

C’est « Les règles du jeu » de Claudine Bories et Patrice Chagnard.

Leurs difficultés viennent, entre autres, de ce qu’ils ne possèdent pas le vocabulaire « qui va bien » ni même le vocabulaire tout court.

Exemple de dialogue :

Question : « Quelle est votre principale qualité ? »

Réponse : « Je suis spontané ».

Question : « C’est-à-dire ? »

Réponse : « J’arrive toujours à l’heure ! »

Question : « … ? … Vous voulez dire ponctuel ? »

À ces jeunes qui n’en peuvent mais, on parle d’employabilité et on demande s’ils sont job ready

Pauvre France.

Plus gaie, cette histoire de « so ». Un sot sur un cheval tient de la main gauche un seau. Dans sa main droite, il porte le sceau du roi. Le cheval subitement fait un saut ; les trois … tombent à terre.

Comment écrire les trois s… qui sont tombés.

L’Académie, facétieuse, suggère de retenir la transcription phonétique (so) mais ajoute que ce ne sont pas des sons qui sont tombés (ni les serpents qui sifflent sur nos têtes d'ailleurs !). En fait il est impossible d’écrire de la même façon des homonymes non homographes. Par définition même.

Merveilleux français.

03/02/2015

Dis pas ci, dis pas ça (XXII)

Champagne.jpg« Sabler le champagne » et « Sabrer le champagne » sont deux expressions distinctes, qui ne veulent pas dire la même chose : « Sabler », c’est boire d’un trait et, par extension, « célébrer un événement en buvant du champagne » ; « Sabrer », c’est ouvrir la bouteille de champagne d’un coup de sabre… (opération dangereuse, à ne pas tenter !).

 

« Sans que » n’exige pas l’emploi de la négation mais, dans un contexte « négatif », il est conseillé de l’employer quand même ! On écrira donc : « Il vient sans qu’on l’en ait prié » et « Il ne vient jamais sans qu’on ne l’en ait prié ».

 

On se rappelle quelque chose et on se souvient de quelque chose. Et, de la même façon, on dira « Je me le rappelle » et « Je m’en souviens ».

 

Il n’est pas obligatoire (mais c’est considéré comme plus élégant) de réserver « second » aux énoncés où l’on ne considère que deux éléments et d’employer « deuxième » lorsque l’énumération va au-delà de deux.

 

« S’ensuivre », qui a le sens de « découler », « résulter », s’écrit en un seul mot !

 

« Soi-disant » est invariable et ne s’applique qu’à des personnes (qui revendiquent telle ou telle qualité).

02/02/2015

Dis pas ci, dis pas ça (XXI)

« Quelque » m’a longtemps perturbé. C’est un collègue d’Issy les Moulineaux, JV, également passionné de langue française, qui m’a permis d’y voir clair.

Il ne faut pas confondre « Quelques qualités plastiques qu’elle ait à son actif » et « Quelque belle qu’elle soit » ; dans le premier cas, « quelque », suivi d’un nom, s’accorde en nombre avec ce nom ; dans le second, « quelque », suivi d’un adjectif (ou d’un adverbe), est invariable.

Et par ailleurs, « quel que » en deux mots (un adjectif variable et un conjonction) introduit une phrase subordonnée : « Quelle que soit sa beauté, elle devra faire ses preuves ». Remarquons que dans tous les cas, le verbe qui suit est au subjonctif.

 

C’est un peu pareil avec « quoique » (synonyme de « bien que ») et « quoi que » (synonyme de « peu importe ce que ») : « Quoiqu’elle s’arrange pour être discrète, sa beauté la dessert » et « Quoi qu’elle fasse, sa beauté la dessert ».

 

Le mot « recouvrement » est le substantif commun à « recouvrer » et à « recouvrir », d’où la confusion fréquente entre les deux verbes. On doit dire « Elle a recouvert un livre » et « Elle a recouvré la santé ». Pour une entreprise, le recouvrement (des factures) est crucial. Il faut donc qu’elle s’occupe de les recouvrer (et non pas de les recouvrir). Il y a un peu le même problème de proximité avec « ressortir » qui cache en fait deux verbes bien différents : « Le résultat de l’entreprise ressort à 50 M€ » mais « La question du franglais ressortit plus généralement à la question de la cohérence de la langue » (penser au substantif « ressortissant »).

 

On remplit (to fill in en anglais) ou on complète un formulaire mais on ne le « renseigne » pas.

 

Après pas mal de vicissitudes, le sort de « résident » et « résidant » a été enfin fixé : « résident » est un nom et « résidant » un adjectif.