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17/07/2017

"Les soleils des Indépendances" (Ahmadou Kourouma) : critique I

C’est Alain Mabanckou, dans son séminaire sur la littérature francophone africaine au Collège de France (voir mes billets consacrés à cette série d’exposés au premier semestre 2016) qui citait – et même recommandait – cet écrivain ivoirien et ce livre en particulier, qui date de 1970 (Éditions du Seuil).

Le titre en est mystérieux – et d’autant plus qu’il revient comme un leitmotiv tout au long du roman, dans les commentaires du narrateur, souvent associé à « la bâtardise des politiciens » – et en même temps élégant et poétique. On le comprend comme une sorte d’antiphrase, ironique et désabusée : l’indépendance des anciennes colonies aurait dû apporter un progrès, la liberté, la joie de vivre, des chances égales pour tous… Il semble que dans l’esprit de Ahmadou Kourouma, ou au moins dans celui de son narrateur, cela n’ait pas été le cas du tout et que, tous comptes faits, entre les trois périodes historiques (avant, pendant et après la colonisation), il préfère nettement la première.

Le héros de l’histoire est Fama, une sorte de « paumé », un paresseux, un peu voleur, un peu bagarreur, un occasionneur d’embrouilles. Il est marié avec Salimata, dont il ne peut avoir d’enfant. Le roman, qui commence par la description pittoresque des errances de Fama et du travail ininterrompu de Salimata bascule quand il s’avère que Fama est le dernier descendant des Doumbouya, une famille dirigeante du pays des Malinké, le Horodougou. Je laisse le lecteur découvrir l’épilogue de cette histoire, qui est une sorte de prise de conscience de l’importance de tenir son rang dans la lignée, après des péripéties malheureusement classiques (luttes revendicatives, prison, coup de théâtre…).

(V.2 du 25 juillet 2017)

 

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