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09/04/2018

"Génération J'ai le droit" (Barbara Lefebvre) : critique IV

Au chapitre 3 de son livre, Barbara Lefebvre aborde la question de l’égalité des chances, pour elle « le grand mensonge ».

« Revoilà la question sociale qui permet aux idéologues d’éviter encore et toujours le débat sur les méthodes pédagogiques qui ont conduit à produire plus d’un tiers d’illettrés à la sortie du primaire (…) J’entends par illettré un élève qui décode plus ou moins correctement mais ne comprend pas ce qu’il lit » (page 75).

« On devrait d’ailleurs s’interroger sur l’explosion de diagnostics d’élèves dyslexiques et dysorthographiques depuis plus d’une décennie (…) La pathologisation est une tendance apparue il y a une vingtaine d’années : tout est psychologisé, pathologisé, avec des relents analytiques de café du commerce (…) Nombre de ces enfants sont rééduqués après seulement quelques séances d’orthophonie s’appuyant sur l’apprentissage syllabique » (page 76).

Pour elle, au-delà des parents, d’internet et de la télévision – qui ont leur part – les responsables sont les « experts en sciences de l’éducation » légitimés par les inspecteurs, recteurs et ministres, ainsi que les enseignants dociles qui ont obéi au diktat des formateurs des IUFM et ESPE, et, tout au bout de la chaîne, « les gourous de la pédagogie socioconstructiviste qui ont fait main basse sur l’école dans les années 1970-1980 ». Nous ne sommes pas surpris : c’est ce que démontre Carole Barjon dans son livre (voir mon billet des 5 et 7 mars 2018).

« Quand on les entend invoquer la liberté et le progrès pour empêcher les nouvelles générations d’être les héritiers d’une culture qui les a précédés, en disqualifiant l’autorité du maître et des familles, le projet de déracinement est bel et bien en marche » (page 80).

Preuve encore une fois que le livre est mal ordonné, voici qu’à la page 83, on recommence avec l’histoire du niveau qui baisse et des parents et élèves trompés, alors que l’on croyait discuter de l’égalité des chances… À force, on se lasse de sauter d’un thème à l’autre et surtout de revenir à des thèmes déjà traités, thèmes fort intéressants par ailleurs.

« Depuis les années 1970, l’obsession égalitaire a conduit à la traque perpétuelle de toutes formes de discrimination. Il en résulte une surenchère des j’ai le droit, corollaire de la victimisation collective qui infuse le discours bien-pensant et nourrit les rancœurs à l’infini » (page 86).

« La chance aujourd’hui, dans cette France mondialisée, c’est celle d’avoir accès à un réseau, pas d’avoir accès à la culture » (page 87).

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