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21/10/2026

"La vallée heureuse" (Jules Roy) : critique

« La vallée heureuse », publié en 1978 chez Galilée/NéO, puis Albin Michel, est le roman le plus célèbre de Jules Roy, qui avait par ailleurs défrayé la chronique pour ses livres sur la guerre d’Algérie et pour ses prises de position politiques.

Pourquoi donc me suis-je intéressé à Jules Roy ? D’abord parce qu’il avait voué un véritable culte à la basilique de Vézelay et à sa patronne Marie-Madeleine, au point d’acheter une belle maison juste à côté, maison que j’ai visitée. Ensuite parce que je l’ai longtemps confondu avec Claude Roy (dont j’ai lu « Léone et les siens ») et que je voulais y voir clair (bien sûr rien à voir entre les deux écrivains ni entre les deux personnalités).

J’ai donc commencé par « La vallée heureuse », dont la quatrième de couverture chez Albin Michel prétend qu’Albert Camus – l’un de ses amis – avait dit de ce livre qu’il se plaçait « parmi ces œuvres de force et de pudeur dont nous avions oublié le goût ». Bigre, jusqu’où mène l’amitié !

Robert Kanters et Thierry Maulnier, eux non plus, ne tarissaient pas d’éloges…

La vallée heureuse, en langage d’aviateur de la Deuxième Guerre mondiale, était la région de la Ruhr en Allemagne, sur laquelle ils étaient chargés de larguer des bombes, en arrivant au-dessus en escadrille et en évitant les tirs de la DCA du Reich. Missions éminemment risquées, qui révélaient bien souvent des héros, et aussi quelques tempéraments paralysés par le danger, ce que l’on comprend bien.

Ce livre est la chronique d’un certain nombre d’allers et retours outre-Manche (puisque Jules Roy était aviateur dans la Royal Air Force) et de la vie de garnison en attente de départ ou de permission. C’est un hommage à tous ces hommes valeureux, aujourd’hui un peu oubliés.

Eh bien je me suis ennuyé à la lecture de ce récit monotone et sans style. Aucun lyrisme (peut-être était-ce hors de propos ?), sauf à la toute dernière page : « Il n’y aurait plus de printemps pour lui ni d’été. Ni d’averses sous lesquelles il avait plié le dos, ni d’hiver pour qu’il pût mettre son passe-montagne russe qui lui donnait un air si enfantin.

Ce soir, il ne rentrerait pas. Si Chevrier entendait des coups à la cloison, ce serait ceux qu’Alcide frapperait, et si le sommier grinçait, ce serait le rire d’Alcide. Au bar, il n’y aurait jamais de vers dans la case vide, et la femme nue attendrait un visage.

A l’est, l’incendie montait très haut. Il éclairait la nuit, et le ciel bouillait dans une énorme boursoufflure rougeâtre qui crevait la voûte des nuages. C’était le côté de l’aube, et c’était aussi par là que Geoffroy était tombé. Comme si le jour avait besoin de cette flamme pour allumer l’espoir des hommes ».